samedi 25 mars 2017

Mon blogue, mon confident

L'arme du blogueur, par Alpha Oumar Baldé CC doudoufine.mondoblog.org 
Il y a sans doute actuellement en Guinée des dizaines de blogueurs comme moi, hébergés sur différentes plate-formes, surtout des blogueurs qui parlent de politique, des guides touristiques, loin de toute idée littéraire. Mais aussi des journalistes. On écrit pour informer. Pour promouvoir son produit ou ses services. Pour guider les touristes, etc. On tient son journal personnel que l’on partage avec le monde : son enfance, ses vacances, ses malheurs ou bien ses amours…
On écrit parfois pour critiquer, dénoncer une situation, un système, une décision. On écrit parfois pour écrire, se faire plaisir à soi-même, essayer ses idées, relever ses défis personnels, ses propres challenges ; jouer avec ses propres mots et ses propres émotions. Parfois on sort la sonnette d’alarme parce que l’on constate un manquement à la justice, à l’environnement comme la pollution, le changement climatique ou tout simplement pour sensibiliser ses concitoyens afin qu’ils prennent beaucoup plus de responsabilités dans leurs actes. Parfois on écrit de petits bouts de poèmes… tout simplement.

Petit à petit on se construit une identité et l’on gagne un certain poids dans la blogosphère, nationale et internationale. On est lu et apprécié, parfois pas… et c’est ce qui fait toute la beauté de cette passion qu’est le blogging. Quand on reçoit un commentaire, qu’il soit positif ou bien négatif, cela nous prouve que ce que nous écrivons suscite de l’intérêt aux yeux des internautes.

Bloguer c’est aussi créer son propre nid, un cocon de petits bouts d’idées que l’on assemble et que l’on partage, et cela aide. On décharge son trop plein de stress et de frustrations de la vie quotidienne et par cela on vit mieux, en tout cas sereinement. On partage ses moments de joie et de tristesse. On rit, on s’amuse à travers des histoires drôles et intéressantes que l’on partage à ses lecteurs.

Et quand on en a parfois marre, on se dit stop et l’on cesse sans presque s’en rendre compte de publier des articles. On supprime un billet de son blogue ou bien on le ferme carrément. On disparaît pour un moment, qui peut être long ou pas, et l’on se donne des vacances. Parfois parce qu’on est vraiment en manque d’inspiration, en manque d’idées. Le puit s’est asséché car la muse de l’écriture est parti et nous a abandonné…

Plus souvent, quand on ne ferme pas son blogue, on revient en force. On est revigoré, on se sent requinqué et l’on reprend goût à l’écriture. La muse de l’écriture nous fréquente à nouveau et nous chante ses plus belles chansons pendant que nous tapotons gaiement sur le clavier de notre vieil ordinateur.

Parfois, l’avenir nous révèle de belles surprises à travers notre blogue. Comme une gratification venue de nulle part, du bon Dieu sans doute, qui nous récompense et nous encourage dans notre activité : des stages de formation et des prix nous sont offerts. Une valeur ajouté à notre CV qui est très précieuse car elle nous permet de nous démarquer du lot et à se distinguer de nos concurrents dans la recherche de l’emploi. On gagne ainsi facilement un travail grâce à son blogue qui nous a permis de nous construire un CV remarquable qui attire l’attention de tous les employeurs. Nous obtenons un emploi, nous devenons ainsi indépendant financièrement grâce à notre blogue. C’est ainsi que l’aventure continue, notre aventure, sur de bonnes perspectives…

Cinq ans, dix ans ou plus, c’est avec émerveillement que nous découvrirons que nous avons à notre actif des centaines d’articles qui traitent chacun d’une belle époque de notre vie. Oui c’est ça un blogue : une toile sur laquelle nous déposons, couche après couche, les plus belles couleurs qui illuminent notre quotidien et qui parfois nous ont réveillés tard la nuit. Et c’est cela sans doute, le vrai journal intime. Intime par son contenu et surtout par les souvenirs de nous, de notre société et de notre époque qu’il a su conserver grâce à nous pendant que nous nous confions à lui : notre ami, notre confident.


*Article paru en premier sur http://doudoufine.mondoblog.org